Des façons d’agir

CS-MOTS21

  • Privilégier la participation des habitants

Prendre sa vie en main, échanger, participer, décider…Les habitants sont invités à le faire au Centre Social. Véritable foyer de démocratie locale, notre Centre Social place la participation des habitants au cœur de son projet.

La participation des habitants dans les Centres Sociaux… un plat qui mijote !

Permettre à des habitants de participer, de s’impliquer et de s’engager dans la vie de leur commune ou de leur quartier, est une finalité affichée par l’ensemble des Centres Sociaux. Cette volonté est d’ailleurs partagée par nos partenaires institutionnels et par une grande majorité des collectivités locales avec lesquelles nous travaillons.

La circulaire CNAF de juin 2012, les directives du Ministère de la Cohésion Sociale pour développer le bénévolat ou le volontariat, les projets de Développement Social Local sur les territoires ou encore le programme politique de la municipalité affichant de plus en plus de démocratie participative…autant d’éléments qui mettent bien en évidence une préoccupation commune en matière de participation des habitants à la vie de la cité.

Cependant, dernièrement, lors d’un temps de formation, un bénévole s’exprimait ainsi :

« Une démarche participative ne se décrète pas ! Pour la mettre en oeuvre, cela demande du temps. C’est comme un plat qui mijote tranquillement, à feux doux… dans lequel on retrouve des ingrédients de base, mais aussi une petite touche personnelle, qui fera que ce plat sera unique…! »

Cela signifie qu’il n’existerait pas de recette type, mais des principes fondamentaux à respecter pour favoriser la participation des habitants.

1 – Assurez-vous d’abord que tous les partenaires soient bien prêts à plonger ensemble dans la marmite, car cela va nécessiter une acceptation à être remué, mélangé, bousculé… Pour d’autres, cela va engendrer une transformation, voire parfois une disparition ou une fusion, mais le résultat n’en sera que meilleur.

 

2 – Imaginons ensuite une équipe de professionnels, réunie autour de cette recette, pris dans le tourbillon des premières odeurs de la cuisson, ne résistant pas à venir « touiller » eux aussi. Car attention, il ne faut surtout pas oublier de mélanger de temps en temps et au bon moment, de goûter, ou encore de rajouter un ingrédient. Pendant la cuisson, nous pouvons entendre : « Nous ne sommes plus des animateurs d’activités mais des accompagnateurs de projets d’habitants. Nous ne sommes pas là pour faire pour, mais avec les habitants. Nous sommes révélateurs de talents. »

 

3 – Puis, des habitants qui arrivent ! Méfiants au départ, ils n’osent pas s’approcher. Mais les cuistots sont là pour les rassurer et leur présenter leur recette. « On a pris le temps de m’accueillir et de me présenter l’association, le projet social ». Ne se posant pas de questions, un premier habitant (entraînant avec lui son voisin) saute dans la marmite. D’autres, plus hésitants, souhaiteraient que les professionnels les accompagnent dans la gamelle. Ces derniers leurs expliquent que ce n’est pas leurs rôles. « Ne pas faire à la place de, mais accueillir, expliquer, former, guider, orienter, rassurer, encourager, valoriser, associer, responsabiliser… tout ceci correspond à ce que je fais tous les jours avec les bénévoles ». Finalement, d’autres grimpent le long du chaudron, avant de se jeter, eux aussi dans l’aventure.

 

4 – Un mélange détonnant ! A chaque nouvelle cuisson, cela prend une tournure particulière, inattendue. A l’intérieur du faitout, règne une joyeuse ambiance. Des échanges, des rires, des moments d’ébullition mais aussi, des personnes qui ressortent pour aller en chercher d’autres. On peut même parfois voir un cuisiner y plonger et revenir avec un ingrédient qu’on ne reconnaît plus. « J’ai été écouté et on m’a accompagné dans une période de ma vie très compliquée ». « Je suis venue pour du tricot et depuis je suis engagée sur la fête du quartier et dans l’activité d’aide aux devoirs » Le résultat ? Et bien, essayez mais, attention ! Le mélange est subtil. Et finalement, le résultat, on ne le connaît jamais vraiment…

Auteur inconnu..

  • Développer une approche généraliste et collective

Soutenir les initiatives des habitants, les projets des jeunes, soutenir les parents dans leur rôle d’éducateur, être garant de l’animation de la vie locale et du lien social… Notre Centre Social s’intéresse à tout ce qui fait la globalité de l’individu et de la famille. C’est par le dialogue et la participation à des activités, des projets collectifs que les personnes apprennent à mieux maîtriser leur vie et deviennent citoyens actifs.

  • Contribuer au développement social du territoire

Notre Centre place le social au cœur des stratégies de développement. Co-construit avec les habitants et les partenaires, le projet pluriannuel est façonné à partir du territoire et de sa population.

  • Promouvoir l’éducation populaire

L’éducation populaire n’existe pas «  en soi  ». C’est un processus qui peut se retrouver dans des lieux très divers et au contraire être absent de lieux qui, pourtant, s’en réclament. Cette démarche, telle que nous la concevons, est forcément politique : elle consiste à décrypter les rapports de domination, à prendre conscience de la place que l’on occupe dans la société, à apprendre à se constituer collectivement en contre-pouvoir, à expérimenter sa capacité à agir.

Ce qui est visé, ce n’est pas seulement le développement ou l’épanouissement personnels : c’est bien l’émancipation individuelle et collective et la transformation de la société.

La conception du progrès social qui sous-tend l’idée d’éducation populaire repose sur l’émancipation individuelle et collective des individus. C’est pour moi une conception libertaire, qui n’a rien à voir avec l’avant-gardisme ou une vision autoritaire. C’est pourquoi les questions éducatives sont centrales pour les libertaires, bien au-delà du strict système scolaire : tout au long de la vie, les individus sont appelés à former leur conscience politique et à s’émanciper des mécanismes de domination. C’est précisément cela, l’objectif de l’éducation populaire.

Le principe de l’éducation populaire, c’est de promouvoir, en dehors du système d’enseignement traditionnel, une éducation visant le progrès social.

L’éducation populaire a pour concepts-piliers l’émancipation ; la conscientisation ; le développement du pouvoir d’agir et la transformation sociale.

Elle associe les axes personnels, collectifs et politiques.

S’écartant de la victimisation et d’un humanisme paternaliste, elle veut développer la puissance d’agir : pouvoir intérieur, pouvoir de, pouvoir sur. Le tout sans tomber dans l’excès inverse : le slogan néolibéral culpabilisateur du type « Si tu veux, tu peux ».

Au travers des processus d’éducation populaire, il s’agit, individuellement et collectivement, d’affirmer sa dignité, de s’auto-éduquer, de prendre conscience des rapports sociaux et de construire une force collective, apte à imaginer et à agir pour la transformation sociale.

Education populaire : pour quoi faire ?

Les démarches d’éducation populaire visent deux types d’objectifs, en liant toujours les dimensions individuelles, collectives et politiques.

1er objectif : « S’autoriser à » 

Ici, il s’agit de gagner en audace, en créativité, en capacité à penser par soi-même ; de se questionner sur l’état des choses tel qu’il est ; de comprendre qu’il n’est pas immuable ; de s’autoriser à, de se sentir habilité à, de se sentir capable de, de ne pas s’autocensurer ni s’autolimiter à la place qui nous est assignée par les rapports sociaux, le genre, la culture d’origine ; de favoriser une éducation de toutes et tous par toutes et tous, une valorisation des savoirs de chacun.

La première étape de l’émancipation, c’est de prendre conscience des rapports de domination subis, que ceux-ci soient structurels (principalement le racisme, le patriarcat, le capitalisme, l’hétéronormativité) ou propres à chaque groupe (par exemple l’ancienneté, le savoir…). Il s’agit de « tuer les flics qu’on a dans la tête », pour reprendre une formule d’Augusto Boal (l’ini­tiateur du Théâtre de l’opprimé) et de se libérer des dominations que nous avons intériorisées.

Rien à voir, donc, avec le « développement personnel » dont débordent les rayonnages des librairies et, qui, lui, propose des méthodes pour être heureux malgré les rapports de dominations subis.

Savoir que l’aliénation existe ne suffit pas. Les fumeurs et les fumeuses savent que « fumer nuit gravement à la santé ». Les femmes savent que les portes des écoles d’ingénieurs ne leur sont pas formellement fermées. Mais seule une prise de conscience, provoquée par une affectation particulière peut entraîner l’émancipation d’une aliénation.

Par ailleurs, le stigmate peut entraîner une appropriation et une justification de ce qui peut paraître infamant : « On dit ça de moi ? Je vais finir par le penser de moi-même, et l’assumer et même vouloir être ainsi. »

2ème objectif : Souhaiter une amélioration de la société

Le second objectif de l’éducation populaire, c’est de provoquer l’envie, irrésistible si possible, d’améliorer la société.

Dans ce cadre, il va s’agir d’aller d’un pouvoir intérieur vers un pouvoir de, puis à un pouvoir sur. Il faut libérer son imaginaire, oser l’utopie (un horizon peut-être inatteignable, mais qui structure l’action) et se donner des objectifs atteignables en termes d’action (car ce qui peut enlever du pouvoir d’agir, c’est de s’attaquer à quelque chose de trop grand pour nous, sur lequel on n’a pas de prise).

Il faut s’efforcer d’accroître la conscience d’appartenir à une société et d’avoir une responsabilité politique au sein de cette société. Il s’agit de pratiquer la démocratie et l’autogestion.

Pour augmenter ce qu’on appelle la puissance d’agir, il faut se mettre dans une dynamique où l’on va produire l’histoire, et pas seulement la subir. D’où l’idée de ne pas s’arrêter à un pouvoir de, mais de viser justement un pouvoir sur, qui donnera le sentiment que oui, on peut transformer la société.

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